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C- L'ecosystème menacé

 

 

 

L’urbanisation, la pollution et toute anthropisation (modification de l’environnement par l’homme pour son propre développement) entraînent de nombreux déséquilibres qui peuvent avoir des conséquences néfastes sur l’ensemble de l’écosystème.

 

 

Par exemple, en construisant des routes, l’homme modifie brutalement le milieu naturel. Passage de voitures, pollution, bruits : sur l’avis de conseillers en écologie, on tente de détourner maintenant le tracé des routes pour éviter d’abîmer un habitat précieux.

De plus, en chassant, les carnivores régulent le nombre d’herbivores. Donc, si une espèce de prédateurs disparaît à cause d’un braconnage excessif , les herbivores se multiplient et ravagent les végétaux !


En outre, parce qu’il croit toujours que la Terre lui appartient, l’Homme la pollue sans vergogne et puise dans ses ressources sans toujours se préoccuper de leur renouvellement.

Depuis toujours, l’Homme a sali les rivières avec ses déchets, pollué l’air de fumées indigestes…

Mais c’est surtout à partir du milieu du XIXe siècle qu’il a causé les plus graves dégâts à la nature, par accident ou par négligence. En effet, l’industrialisation, les rejets d’usines, l’agriculture intensive avec ses engrais et ses pesticides, la surpopulation dans les grandes villes, les transports automobiles … provoquent de graves conséquences sur l’écosystème.

Malheureusement, la pollution n’a pas de frontière, l’eau ou le vent la propage d’un pays à l’autre.


La continuelle recherche de profit pousse l’Homme à surexploiter son environnement. Mécanisation, rejets de produits chimiques et toxiques pour l’écosystème, telles sont les polluantes méthodes employées par les industries humaines.

Les conséquences recensées sur l’écosystème sont tragiques : de nombreux paysages ont été dévastés, quantités d’espèces végétales et animales disparaissent, perturbant ainsi l’équilibre naturel. La diversité des êtres vivants sur notre planète est menacée : on estime qu’aujourd’hui, une espèce majeure s’éteint tous les sept ans.


Les humains ont modifié les écosystèmes plus rapidement et complètement au cours des 50 dernières années qu’à tout autre moment de leur histoire. Ils l’ont fait principalement pour répondre à des besoins croissants en nourriture, eau douce, bois, fibres et combustible. Plus de terres ont été converties pour l’agriculture depuis 1945 qu’aux 18ème et 19ème siècles réunis. Plus de la moitié des engrais azotés synthétiques - mis au point en 1913 - utilisés pour l’agriculture l’ont été depuis 1985. Selon les experts, la conséquence en est une perte substantielle et largement irréversible de la diversité de la vie sur la Terre, où 10 à 30 % des espèces de mammifères, d’oiseaux et d’amphibiens sont désormais menacées d’extinction.


• Les changements des écosystèmes qui ont entraîné des gains nets substantiels en termes de bien-être humain et de développement économique les ont obtenus à un prix de plus en plus élevé en termes de dégradation des autres services. Seuls quatre services fournis par les écosystèmes ont vu une amélioration au cours des 50 dernières années : des gains de production pour les récoltes, le bétail et les produits de l’aquaculture, et une séquestration accrue du carbone en vue de la régulation du climat global. Deux services, la production de ressources halieutiques et la fourniture d’eau douce, sont aujourd’hui rendus à un niveau bien inférieur aux besoins actuels, sans parler des besoins futurs. Les experts prévoient que ces difficultés vont diminuer substantiellement les bénéfices que les générations futures peuvent attendre.


• La dégradation des services fournis par les écosystèmes devrait s’aggraver de façon significative durant la première moitié du siècle, ce qui est un obstacle à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Chacun des quatre scénarios pour le futur explorés par les scientifiques au cours de l’étude prévoit bien des progrès en vue d’éradiquer la faim dans le monde, mais ces progrès seront bien trop lents pour réduire de moitié d’ici 2015 le nombre des personnes qui souffrent de la faim. Les experts rappellent d’autre part que des changements des écosystèmes comme la déforestation ont une influence sur l’abondance des pathogènes qui affectent les humains tels que la malaria ou le choléra, ainsi que sur les risques d’émergence de nouvelles maladies. La malaria, par exemple, représente 11 % du fardeau de la santé pour l’Afrique ; si cette maladie avait pu être éradiquée il y a 35 ans, le produit intérieur brut du continent africain serait aujourd’hui de 100 milliards de dollars plus élevé.


• Le défi qui consisterait à renverser la tendance à une dégradation des écosystèmes tout en satisfaisant une demande croissante peut être relevé selon certains scénarios qui impliquent des changements significatifs des politiques et des institutions. Il s’agit cependant de changements importants et les tendances actuelles ne pointent pas dans ce sens. Le rapport mentionne les options disponibles pour conserver ou améliorer certains services fournis par les écosystèmes tout en réduisant les effets pervers ou en augmentant les impacts positifs sur d’autres services. Par exemple, la protection des forêts naturelles sauvegarde la faune et la flore sauvages tout en fournissant de l’eau douce et réduisant les émissions de carbone.


« La conclusion essentielle de cette évaluation est que les sociétés humaines ont le pouvoir de desserrer les contraintes qu’elles exercent sur les services naturels de la planète, tout en continuant à les utiliser pour obtenir un meilleur niveau de vie pour tous » affirme le Conseil de Direction du MA dans une déclaration intitulée Vivre au-dessus de nos moyens – actifs naturels et bien-être humain. « Y parvenir réclamera cependant des changements radicaux dans notre manière de traiter la nature à toutes les étapes de la prise de décision, ainsi que de nouvelles façons de coopérer entre gouvernements, entreprises et société civile. Les signaux d’alarme sont là pour qui veut les voir. Le futur est entre nos mains. »


Le Rapport de Synthèse du MA établit aussi que ce sont les populations les plus pauvres qui souffrent le plus des changements survenus dans les écosystèmes. Les régions qui font face à de graves problèmes de dégradation des écosystèmes – Afrique Sub-saharienne, Asie Centrale, certaines régions de l’Amérique Latine, une partie de l’Asie du Sud et du Sud-Est – sont également celles qui auront le plus grand mal à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement établis par les Nations Unies. En Afrique Sub-saharienne, par exemple, le nombre de pauvres devrait augmenter de 315 à 404 millions de personnes d’ici 2015.


« C’est seulement en comprenant notre environnement et comment il fonctionne que nous pourrons prendre les décisions nécessaires pour le protéger. C’est seulement en comptant à leur juste valeur l’ensemble de nos précieuses ressources naturelles et humaines que nous pouvons espérer bâtir un futur durable » a déclaré le Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan, dans un message qui accompagne la diffusion des rapports du MA. « L ‘Evaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire est une contribution sans précédent à notre mission globale pour le développement, la durabilité et la paix.»


Le Rapport de Synthèse de l’Evaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire est le premier d’une série de sept rapports de synthèse et quatre volumes techniques qui évaluent l’état des écosystèmes du monde et leur impact sur le bien-être humain. Ce rapport est publié avec une déclaration du Conseil de Direction du MA intitulée « Vivre au-dessus de nos moyens – actifs naturels et bien-être humain ».


L’évaluation conduite sur quatre ans a été conçue en partenariat entre des agences des Nations Unies, des organisations scientifiques internationales et des agences de développement, avec des orientations en provenance du secteur privé et des représentants de la société civile. Le financement est principalement assuré par le Fonds Mondial pour l’Environnement, la Fondation des Nations Unies, la Fondation David & Lucile Packard et la Banque Mondiale. Le Secrétariat du MA est coordonné par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).


Le MA est reconnu par les gouvernements comme un mécanisme qui permet de combler une partie des besoins d’évaluation de quatre traités internationaux sur l’environnement : la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique, la Convention de Ramsar sur les Zones Humides, la Convention des Nations Unies pour Combattre la Désertification et la Convention sur les Espèces Migratrices. Le MA a le soutien de 22 des plus grandes organisations scientifiques au monde, y compris la Royal Society du Royaume-Uni et l’Académie des Sciences du Tiers Monde.


Le travail du MA s’opère sous le contrôle d’un conseil de direction de 45 membres, présidé conjointement par le Dr Robert Watson, conseiller scientifique en chef de la Banque Mondiale, et le Dr A.H. Zakri, directeur de l’Institut d’Etudes Supérieures de l’Université des Nations Unies. Le Groupe d’Evaluation qui supervise le travail technique du MA comprend 13 des plus grands chercheurs en sciences sociales et naturelles au monde. Il est présidé conjointement par Madame Angela Cropper, de la Fondation Cropper, et le Dr Harold Mooney, de l’Université de Stanford. Le Dr Walter Reid est le directeur de l’Evaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire.





 
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